glacier qui tombe
News 04/12/2019

Niveau moyen de la mer : un indicateur clé du réchauffement climatique établi à Toulouse

Comprendre les mécanismes climatiques, c’est en premier lieu comprendre l’Océan. Mais comment appréhender ce territoire maritime gigantesque ? Ces 30 dernières années, les systèmes d’observation des océans ont connu une véritable révolution. L’arrivée des satellites d’océanographie spatiale et de collecte de données environnementales a été la pierre angulaire de ce renouveau. Commanditée par le CNES, pionnière, CLS reçoit, traite et qualifie ces données satellitaires pour l’ensemble de la communauté internationale. Leader mondial en altimétrie, fournisseur exclusif des données environnementale ARGOS (système de localisation et de collecte de données), CLS accompagne, au quotidien, les experts en climatologie. Ils nous livrent le bilan de santé de la planète bleue.

Anny Cazenave est académicienne des sciences. Elle a été l’un des auteurs principaux du chapitre « Élévation du niveau de la mer » du 5e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Anny Cazenave est une chercheuse reconnue sur le changement climatique. Utilisatrice de l’indicateur du niveau moyen des mers calculé par CLS, Anny Cazenave témoigne de l’importance capitale de ce dernier. Elle met en avant la position de leader mondial détenue par CLS sur l’établissement de cet indicateur clé du réchauffement climatique.

 

Pourquoi est-il important de connaître le niveau moyen des mers ?

Le niveau moyen des mers est l’un des meilleurs indicateurs du réchauffement climatique. Sans doute meilleur que la température moyenne de la Terre. Aujourd’hui, à cause des émissions de gaz à effets de serre, générées par les activités humaines, notre planète est en déséquilibre énergétique. Elle accumule de la chaleur. 93 % de ce surplus de chaleur est stockée dans l’océan. Le reste fait fondre les glaces et réchauffe l’atmosphère. Le niveau de la mer qui dépend du réchauffement de l’océan et de la fonte des glaces est donc un indicateur clé du réchauffement climatique. En effet, la chaleur accumulée dans l’océan dilate celui-ci. Conséquence : la mer monte. La fonte des glaciers de montagne ainsi que la perte de masse de glace au Groenland et en Antarctique sont une autre cause de l’élévation actuelle de la mer.

 

Comment utilisez-vous cet indicateur ?

Au LEGOS, nous cherchons à comprendre les causes régionales et globales de l’évolution du niveau de la mer. Nos recherches ont montré que la hausse moyenne globale du niveau de la mer des 20 dernières années est due pour environ 35 % au réchauffement de l’océan, 45 % à la fonte des glaces continentales, et pour 10 %, au pompage de l’eau dans les nappes phréatiques (cette eau se retrouvant en fin de compte dans l’océan). Les 10 % restants sont, pour l’instant, inexpliqués mais très certainement liés aux incertitudes sur les mesures. Pour établir ce bilan au plus juste, il nous faut des observations les plus précises possibles. Le travail de traitement et de qualification des observations du niveau moyen des mers mené par CLS est fondamental.
CLS s’est fortement impliquée ces dernières années dans le calcul précis du niveau de la mer à partir des données d’altimétrie spatiale de nombreux satellites. L’indicateur « niveau de la mer » calculé par CLS est de plus en plus fiable et sans cesse plus précis. Il fait sans doute partie des meilleurs produits disponibles aujourd’hui.

 

Pourquoi cet indicateur est-il capital dans la gestion du climat ?

La hausse du niveau des océans représente, comme je vous le disais, un indicateur clé du réchauffement climatique actuel. Les séries temporelles de hauteur de la mer établies par CLS permettent en outre de valider les modèles climatiques développés pour simuler les évolutions futures.