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Adapter les pâturages d’Asie au changement climatique

À travers l’Asie centrale, les steppes mongoles et les hauts plateaux d’Iran et du Pakistan, des générations de pasteurs ont conduit moutons et chèvres sur d’immenses étendues herbeuses. Ces pâturages, qui s’étendent à perte de vue, ont toujours été bien plus que de simples terres de parcours. Ils constituent le socle de cultures, d’économies et d’écosystèmes entiers.
Aujourd’hui, le changement climatique et la gestion des pâturages en Asie sont devenus des enjeux indissociables. Les variations météorologiques, la hausse des températures et la dégradation des sols redessinent peu à peu les paysages qui font vivre cet héritage millénaire.
Depuis des générations, des familles nomades et semi-nomades ont appris à « lire » la terre, se déplaçant au rythme des saisons pour préserver les sols, l’eau et la végétation. Des pâturages en bonne santé signifient des animaux robustes, des moyens de subsistance sécurisés et des écosystèmes équilibrés. Mais cet équilibre naturel est aujourd’hui de plus en plus menacé. Les précipitations deviennent moins prévisibles, l’herbe pousse plus clairsemée et les éleveurs doivent parcourir de plus longues distances pour trouver de bonnes zones de pâture.
Pourtant, l’innovation ouvre de nouvelles perspectives. Les outils de surveillance satellitaire permettent désormais aux pasteurs de protéger leurs pâturages et de préserver leur mobilité, en combinant savoirs ancestraux et données modernes afin de maintenir la productivité des terres pour les générations à venir.
Gestion durable des pâturages et traditions nomades
Pendant des siècles, la santé des pâturages a dicté le rythme de vie des éleveurs nomades. Les migrations saisonnières suivaient la pousse des herbes, permettant aux parcours de se reposer et de se régénérer. Cette mobilité entretenait un équilibre naturel entre les populations, le bétail et l’environnement.
Ces dernières décennies, ce système a été profondément perturbé. Routes, clôtures et terres agricoles ont fragmenté les couloirs de migration, en particulier dans l’ouest de la Chine et les plaines kazakhes. Parallèlement, la végétation s’appauvrit, les sols s’érodent et les sécheresses deviennent plus fréquentes. Ces transformations menacent à la fois la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance ruraux dans l’ensemble des pâturages d’Asie.

Pressions croissantes sur les écosystèmes pastoraux en Asie
Dans de nombreuses régions, notamment en Mongolie, au Xinjiang et sur le plateau iranien, la raréfaction des pâturages est devenue un enjeu majeur. Les causes sont étroitement liées :
- La volatilité du climat réduit la pousse de l’herbe.
- Le surpâturage dans des zones limitées épuise les sols.
- Les infrastructures et la croissance démographique réduisent les terres disponibles pour la pâture.
À chaque saison, les éleveurs doivent faire des choix de plus en plus difficiles : quand se déplacer, jusqu’où aller, et si le prochain pâturage pourra réellement nourrir leurs animaux. Sans informations fiables, ces décisions peuvent mettre en péril à la fois leurs moyens de subsistance et les écosystèmes.
Mobilité des troupeaux et pratiques de pâturage durable
En alternant les zones de pâture et en suivant les cycles saisonniers, les éleveurs permettent aux parcours de se régénérer et de préserver la biodiversité.
Mais les déplacements sont de plus en plus contraints. Les itinéraires restreints et la dégradation des terres obligent les pasteurs à rester plus longtemps au même endroit, accélérant ainsi le déclin des pâturages. Protéger cette mobilité, c’est préserver à la fois un patrimoine culturel et la résilience des vastes steppes asiatiques.

Surveiller les déplacements et l’état des pâturages depuis l’espace
La technologie offre aujourd’hui une façon de reconnecter les pasteurs à leur territoire grâce à l’information plutôt qu’au contrôle. Le changement climatique et l’amélioration de la gestion des pâturages rendent nécessaires des solutions plus intelligentes, fondées sur les données et respectueuses des pratiques pastorales traditionnelles.
Les services de suivi des troupeaux par satellite de CLS combinent un monitoring quasi temps réel via des colliers dédiés avec l’observation de la Terre et l’intelligence artificielle pour fournir des informations claires :
- Suivre la mobilité des troupeaux sur de vastes territoires
- Évaluer l’état des pâturages et la santé de la végétation
- Détecter les premiers signes de surpâturage ou de sécheresse
- Anticiper les phénomènes météorologiques extrêmes
- Définir des limites virtuelles pour protéger les zones fragiles
Ces outils rendent les données accessibles même dans les régions les plus isolées, offrant aux éleveurs comme aux décideurs les connaissances nécessaires pour planifier les déplacements de manière raisonnée et s’adapter durablement.
Une technologie au service de la préservation durable des pâturages
On craint souvent que l’introduction de nouvelles technologies ne mette en péril l’élevage traditionnel. Mais ce n’est pas notre objectif. Nous développons des technologies qui protègent les pratiques pastorales plutôt que de les remplacer, en aidant les pasteurs à planifier leurs itinéraires, à gérer la pression de pâturage et à préserver leur autonomie.
Satellite monitoring also guides policy makers and NGOs working to balance resource use and support sustainable grazing. With accurate data, they can reinforce mobility instead of restricting it, aligning with global frameworks such as the UNCCD Global Land Outlook on Rangelands and Pastoralists, which calls for stronger governance and climate-smart pasture management policies.
Il s’agit d’une adaptation en marche, où l’innovation permet de préserver l’essentiel : la liberté de se déplacer et la santé des terres.
Un avenir enraciné dans des pâturages en bonne santé
Les communautés d’éleveurs de moutons et de chèvres en Asie sont confrontées à des défis majeurs. Mais des solutions existent. En associant savoirs ancestraux et outils modernes, il est possible de construire un avenir où les pasteurs restent mobiles, les écosystèmes demeurent en bonne santé et les économies rurales conservent leur vitalité.



